Donatienne Duflos de Saint Amand, "Nature et fonction de la notion d'intérêt aux XVIe et XVIIe siècles", thèse soutenue le 10 décembre 2008

Donatienne Duflos de Saint Amand a soutenu sa thèse de doctorat en philosophie intitulée :

Nature et fonction de la notion d'intérêt aux XVIème et XVIIème siècles

dirigée par M. Christian Lazzeri, le 10 décembre 2008 à l'Université Université Paris Nanterre.

Jury

R. Damien (Président) -
Ch. Laval (Rapporteur)
C. Lazzeri (Directeur)
M. Teretschenko (Rapporteur)

Résumé


La notion d'intérêt, quasiment absente des représentations du monde et de l'action avant le XVIe siècle, connaît une extension prodigieuse durant les XVIe et XVIIe siècles jusqu'à devenir la notion incontournable et irréfutable que nous connaissons aujourd'hui. A travers l'étude des textes de ses principaux promoteurs, de Guichardin à Leibniz, et à partir de l'hypothèse que son introduction se présente à eux comme une solution leur permettant de résoudre les nouveaux problèmes auxquels ils sont confrontés, ce travail montre que la notion d'intérêt ne se laisse pas réduire à un seul mobile psychologique qui conduirait à la représentation d'un homme égoïste et à l'introduction du paradigme utilitariste. L'analyse de ses usages (économiques, moraux ou politiques), de ses objets, des sujets susceptibles de le prendre pour principe, de ses qualités (descriptif ou normatif, particulier ou général), de ses effets (utilité ou préjudice), permet de montrer que son enjeu est plus large, et touche à la modélisation du réel. Principe et variable correctrice, l'intérêt permet une maîtrise des phénomènes, une représentation phénoménale des relations de l'homme au monde. Son extension conduit à une revalorisation du sensible qui renouvelle la représentation des valeurs, évaluées désormais par la concurrence. Elle participe ainsi à la naissance de la modernité.

Mots clés

Intérêt, philosophie morale, philosophie politique, économie, justice, XVIe siècle, XVIIe siècle, anthropologie, action, valeur, relation, modélisation du réel et de l'action.

English title

NATURE AND FONCTION OF THE NOTION OF INTEREST IN THE XVIth AND XVIIth CENTURIES

Abstract

Until the XVIth century, the notion of interest is nearly non existent in the representations of the world and of action. From the XVIth century and during all the XVIIth, it enlarges its uses as far as it becomes the notion we can't avoid nor refute nowadays. Through the study of its most important promoters, from Guichardin to Leibniz, and assuming that its introduction provides a solution that enables them to work out new problems they have to face, this work shows that the notion of interest is not a psychological motivation that would lead to the representation of a selfish man nor to the mere introduction of the utilitarian paradigm. The analysis of its uses (whether it's used to solve economic, moral or political problems), of its objects and subjects, of its qualities (either descriptive or normative, either particular or general) and of its ambivalent effects (utility, prejudice), enables to show that its stake is wider, in so far as the modelling of the reality is concerned. Interest works as a
principle of action, as a corrective variable. It allows to get the phenomenons under control, to get a phenomenal representation of the relationships between the man and his world around. Its extension leads to an upgrading of tangible world, that gives the representation of value a new start, and appraises them throughout concurrence.
Therefore, it takes part in the construction of modernity.

Mots clés

interest, moral philosophy, political philosophy, economy, justice, XVIth century, XVIIth century, anthropology, action, value, relationship, modelling of the reality and action.

Mis à jour le 31 août 2011