Alice le Goff, "Démocratie délibérative et démocratie de contestation", thèse soutenue le 28 avril 2009

Alice le Goff a soutenu sa thèse de doctorat en philosophie, intitulée :

Démocratie délibérative et démocratie de contestation: repenser l'engagement civique entre républicanisme et théorie critique


sous la direction de Christian Lazzeri, le 28 avril 2009, à l'Université Université Paris Nanterre.
Elle a obtenu la mention très honorable avec félicitations du jury à l'unanimité.

Jury

Christian Lazzeri (dir.), professeur à l'Université Université Paris Nanterre
Stéphane Haber (Président), professeur à l'Université Université Paris Nanterre
Philippe Chanial, Maître de conférence à l'Université Paris Dauphine
Claude Gautier, professeur à l'Université Montpellier 3
Christian Nadeau, professeur à l'
Université de Montréal
Yves Sintomer, professeur à l'Université Paris 8

Résumé

Cette thèse part d'une réflexion sur la façon dont les théories de la démocratie participative et de la démocratie délibérative ont proposé de reconstruire les catégories de légitimité et de citoyenneté démocratiques, en rupture avec les optiques élitistes et néo-utilitaristes ainsi qu'avec le pluralisme des groupes d'intérêts. Notre travail développe une lecture critique du tournant délibératif de la théorie démocratique au prisme de la théorie de la reconnaissance,s'interrogeant en particulier sur le statut de l'idéal de la démocratie délibérative et sur la portée pratique de la figure du "citoyen délibératif". Nous montrons que les optiques délibératives développent une conception trop étroite de l'engagement civique. Nous nous penchons notamment sur les principales tensions qui caractérisent les théories de la délibération, comme la tension entre validité et inclusion et celle qui existe entre délibération et contestation. D'une part, nous montrons qu'une approche pragmatiste des processus délibératifs ouvre la piste d'un dépassement du dilemme de l'inclusion et de la validité. D'autre part, nous mettons en relief l'apport de la théorie républicaine qui dispose des ressources conceptuelles nous permettant de penser l'articulation entre délibération et contestation. La théorie de la liberté comme non-domination débouche en effet sur une déclinaison de l'idéal délibératif comme idéal contestataire.Nous dégageons les atouts et les limites des versions qui en ont été proposées et nous défendons une reproblématisation de lidéal contestataire à l'aune d'un "républicanisme critique" reposant sur un dialogue entre théorie de la non-domination et théorie de la reconnaissance.
 

Mis à jour le 31 août 2011