• Manifestations scientifiques,

Foucault et les arts

Publié le 16 mars 2017 Mis à jour le 16 mars 2017
Date(s)

du 30 mars 2017 au 31 mars 2017

Lieu(x)
Jeudi 30 mars : Université Paris Nanterre, Maison Max Weber, salle de séminaire 2

Vendredi 31 mars : Fondation Gulbenkian Paris, 39, bd de La Tour-Maubourg, 75007 Paris
Michel Foucault n’est pas seulement le philosophe de l’archéologie des discours, de la généalogie des pouvoirs, des modes de subjectivation et des jeux de vérité. Il est aussi le penseur qui a décelé dans les Ménines de Vélasquez l’emblème plastique du savoir classique, dans les toiles de Manet la matérialité vive de la modernité, dans le surréalisme de Magritte la paradoxale représentation de la rupture de l’espace représentatif à l’époque contemporaine.
Cet intérêt foucaldien pour la peinture est connu et a fait déjà l’objet de nombreuses recherches et études. Mais, bien au-delà des usages diversifiés du pictural dans ses travaux, Foucault a ouvert le discours philosophique à sa contamination réelle et active avec la pluralité des pratiques artistiques, souvent reléguées aux limites de la pensée traditionnelle. Littérature, théâtre, cinéma, musique, photographie, « performances » de la parole : autant de dimensions qui ne sont aucunement des « divertissements » esthétisants, de simples incursions dans des champs de pratiques et de pensées éloignés du discours philosophique classique, mais qui participent directement de la construction de la philosophie foucaldienne et en mobilisent la force théorico-politique.
Notre colloque se propose de repartir de ce constat pour déployer toute une série de questionnements essentiels. Il s’agira bien entendu de se pencher à nouveau sur une dimension presque « interne » à la philosophie foucaldienne : les archives récemment déposées à la Bibliothèque nationale de France contiennent de nombreux inédits, sur la peinture notamment, qui peuvent constituer un noyau important à la fois de re-contextualisation et de réactualisation des réflexions foucaldiennes sur les arts. Il faut pourtant éviter le double écueil du « fétichisme » des inédits et de l’« esthétisation » de ces travaux hétérogènes, comme si la réflexion esthétique de Foucault ne faisait pas partie intégrante d’un projet philosophique et intellectuel plus large.
Il nous semble donc important de repenser la portée théorique et politique du questionnement des pratiques artistiques, en replaçant le discours de Foucault dans la trame des relations multiples que la pensée française contemporaine a tissées avec le domaine de l’esthétique (cf. par exemple Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty, Gilles Deleuze, Georges Bataille, Maurice Blanchot, Jacques Rancière). Mais il faut surtout ouvrir Foucault aux usages variés et importants que les arts ont faits de sa pensée ; et réfléchir à la manière dont s’est construite dans les dernières années, à travers Foucault, une circulation extrêmement féconde entre pratiques artistiques et pratiques politiques. En faisant dialoguer des chercheurs et des artistes, notre colloque souhaite questionner la force concrète et actuelle des réflexions foucaldiennes, sa fécondité pour des réappropriations hybrides, concrètes, politiquement engagées : mettons la philosophie à l’épreuve du questionnement artistique.

Organisation:
Fabienne Brugère, Judith Revel, Arianna Sforzini

Comité scientifique :
Danièle Cohn, Arnold Davidson, Frédéric Gros, Béatrice Han, Jacqueline Lichtenstein

Institutions partenaires :
Université Paris Nanterre (UFR Phillia, département de philosophie, ED 139, laboratoire Sophiapol), Université Paris 8 (département de philosophie, laboratoire LLCP), Association pour le Centre Michel Foucault, Fondation Gulbenkian Paris.

Programme :
Jeudi 30 mars 2017
Université Paris Nanterre, amphithéâtre, Maison Max Weber (bâtiment W)
9h30-9h50 Ouverture et introduction : Fabienne Brugère, Judith Revel, Arianna Sforzini
9h50-10h30 : Marielle Macé (EHESS) – L’éclat d’une vie
10h30-11h10 : Philippe Sabot (Université Lille 3) – Le Brisset de Michel Foucault
11h10-11h40 Discussion
11h40-12h Pause-café
12h-12h40 : Patrice Maniglier (Université Paris Nanterre) – Le moment cinéma de Foucault
12h40- 13h10 Discussion

13h10-14h30 Déjeuner

14h30-15h10 : Jacinto Lageira (Paris 1 Panthéon/Sorbonne) – titre à préciser
15h10-15h50 : Judith Revel (Université Paris Nanterre) – L’invention de soi sous contrainte (Foucault à la manière de l’Oulipo)
15h50-16h20 Discussion
16h20-16h40 Pause-café
16h40- 17h20 : Georges Didi-Huberman (EHESS) – Un art de l’inservitude volontaire
17h20-17h50 Discussion

Vendredi 31 mars 2017
Fondation Gulbenkian – Paris

9h00-9h40 : Frédéric Rambeau (Université Paris 8) – Les Ménines : Foucault-Lacan, 1966.
9h40-10h20 : Fabienne Brugère (Université Paris 8) – Y a-t-il une pensée de la peinture chez Foucault ?
10h20-10h50 Discussion
10h50-11h10 Pause-café
11h10-11h50 : Claudia Blümle / Ann-Cathrine Drews (Humboldt-Universität zu Berlin) – Le fou et le cynique. L’esthétique du dedans et du dehors dans les lectures de la peinture chez Michel Foucault
11h50-12h20 Discussion

12h20-14h00 Déjeuner

14h00-14h40 : Eric Alliez (Université Paris 8) – « C’est donc en profane que je vous parlerai de Manet ». Portrait de Foucault en hétéro.
14h40-15h20 : Alessandro Francisco (Pontificale Université Catholique de São Paulo) – Pour une archéologie de la musique: premières approches
15h20-15h50 Discussion
15h50-16h10 Pause
16h10-16h50 : Thomas Hirschhorn (artiste et curateur) – L’Amitié entre Art et Philosophie
16h50-17h30 Discussion finale

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Mis à jour le 16 mars 2017