Olivier Chassaing

Doctorant contractuel en philosophie

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Domaines de spécialité

Le droit pénal : théorie, justification et critique
Les théories contemporaines de la justice et leurs critiques
Philosophie politique et morale ; philosophie du droit


Thèse en cours

"Justice pénale et critiques du positivisme juridique" sous la direction de Christian Lazzeri.

Résumé :
 
Souvent perçue comme la condition de l’ordre social, la peine demeure suspendue à une exigence de justification parce qu’elle inflige délibérément une privation ou une souffrance à un individu reconnu coupable d’une faute. Depuis la fin du XVIIIe siècle, les réformes pénales ont renouvelé les règles du droit de punir (légalité et proportionnalité des peines, droits de la défense, individualisation de la sanction), mais les doutes entourant la justification du devoir de punir ont creusé une fracture entre deux traditions : le rétributivisme, qui reconnait un lien a priori entre le crime et la peine, et le conséquentialisme, qui évalue les bénéfices a posteriori de la peine. Afin de sortir de ce conflit moral, ce travail analyse d’abord les valeurs et normes qu’implique l’institution pénale, en puisant dans trois corpus : les théories sociale et critique (Durkheim, Rusche & Kirchheimer, Pasukanis, Foucault), la philosophie politique normative (Duff, Feinberg, Braithwaite & Pettit) et la pensée juridique (Austin, Kelsen, Hart).
La peine dépend de règles légales et sa fonction est répressive. Mais en rester à cette définition pose problème, à l’instar du positivisme juridique qui, en sa version radicale, s’arrête aux conditions formelles de la peine et évite d’en aborder la genèse ou les justifications : la peine y apparaît comme une pure technique de contrôle social, indifférente aux interdits et normes qu’elle sanctionne comme aux préférences et aux relations sociales. Ce travail tente de redéfinir les fonctions de la peine tout en interrogeant le sens et la portée de sa critique. Trois thèses tributaires du positivisme pénal sont ainsi discutées : le droit n’adresse pas d’ordres aux individus à travers les pratiques pénales ; la loi pénale n’a pas d’autorité en dehors de la menace de sanction ; le régime des peines n’entretient pas de lien nécessaire aux valeurs et normes d’une société. Cette critique conduit à réévaluer les dimensions morales de la peine, qui peut avoir pour vocation d’infliger une souffrance, d’exprimer une condamnation ou de contraindre le criminel à changer.
Or, si l’on reconnait communément que la peine souffre d’un déficit de justification en raison de ses caractères afflictif et infâmant, sa dimension paternaliste et édifiante n’a pas fait l’objet d’une aussi grande attention. Masquée par le fonctionnement ordinaire de la justice et par les règles de procédure, minorée dans les justifications traditionnelles, cette dimension constitue autant un point d’achoppement du positivisme qu’un fondement pour la critique de l’institution pénale. Si les justiciables interprètent les valeurs et normes promues par la communauté à l’aune des sanctions applicables, la peine ne peut pas se réduire à une technique répressive. Quelles que soient les intentions du législateur ou des juges (expiation, vengeance, dissuasion, réhabilitation, élimination, etc.), l’institution pénale exerce implicitement une forte autorité. Ce travail interroge ce non-dit et en tire les conséquences au plan normatif.


Axes de recherche du laboratoire :
Axe 1 : Pratiques et Politiques des corps
    Sous-axe 3 : Contrôle de soi et contrôle des autres : les usages sociaux des corps
Axe 3 : Le Présent du capitalisme
    Sous-axe 3 : Pouvoirs, subjectivités, institutions, normes
    Sous-axe 4 : Violences et conflits
Axe 4 : Les Grammaires du Politique
    Sous-axe 1 : Les grandes orientations de la pensée politique
    Sous-axe 3 : La grammaire de la réparation

Formation

Depuis septembre 2011 : Doctorant contractuel chargé d’enseignement ; Thèse en cours : « Justice pénale et critiques du positivisme juridique » sous la direction de Christian Lazzeri, EA Sophiapol, ED 139, Université Université Paris Nanterre.

2010-2011 : Agrégation de philosophie.

2009-2010 : Capes de philosophie.

2008-2009 : Master 2 Philosophie et sciences sociales, mention TB, « Silence et prise de parole. Les rapports entre pouvoir et discours en prison », sous la direction de Bruno Karsenti, EHESS.

2006-2007 : Master 1 Philosophie du langage et de la connaissance, Université Paris-Sorbonne.
Master 1 Ethnologie et anthropologie sociale, EHESS.

Publications


Comptes-rendus :
- 18/06/12 : "L’ontologie politique de Bourdieu", recension de Gautier, Claude, La Force du social, Enquête philosophique sur la sociologie des pratiques de Pierre Bourdieu (Cerf, « Passages », Paris, 2012), en ligne sur La vie des idées.
 
- 21/10/13 : "Le droit contre l’Etat", recension de Pasquier, Emmanuel, De Genève à Nuremberg, Carl Schmitt, Hans Kelsen, et le droit international, (Classiques Garnier, « Passages », Paris, 2012), en ligne sur La vie des idées.

Communications

18/12/13 : "Les justifications de la peine issues du paternalisme pénal face à l’hypothèse du contrôle social", Séminaire doctorale "De la recherche en philosophie et en sociologie : pratiques croisées", Sophiapol, Université Université Paris Nanterre.

14/06/13 : "Justice pénale, ordre social et capitalisme", Doctoriales de philosophie LLCP (Université Paris 8) / Sophiapol (Université Université Paris Nanterre).

16/05/13 : "Responsabilité et défense pénale", Atelier de philosophie du droit "Jugement et responsabilité", NoSoPhi, (Université Paris I).

06/04/13 : Participation à la table ronde "Le projet “Antiquité, territoire des écarts”, et après ?", Journées d’Étude "Antiquité, territoire des Écarts", Université Paris Diderot / Institut des Humanités de Paris.

18/10/12 : Répondant à la communication de Pierre Vesperini (CNRS / EFR) "La philosophia et les dieux dans le monde hellénique. Pourquoi ce que nous entendons par “philosophie” est une invention moderne", séminaire "Antiquité, territoire des écarts" de Florence Dupont, Collège International de Philosophie.

19/06/12 : "La sanction pénale : morale de la peine versus critique du droit ?", Séminaire doctoral "Pratiques des idées", Sophiapol, Université Université Paris Nanterre.

08/12/11 : "Amnistie et pardon dans la Commission Vérité et Réconciliation", Séminaire de philosophie juridique "Punir ou pardonner ?" de Laurent Jaffro, Université Paris I.
 

Activités scientifiques

Co-organisation avec Emmanuelle Lê et Benjamin Lévy du Colloque "Droit et Psychanalyse : questions herméneutiques", dans le cadre des activités du Sophiapol, de l’Ecole doctorale de Psychanalyse de l’Université Paris Diderot, et de l’Ecole de droit de Sciences Po, 28-29 juin 2013.

Co-roganisation des Doctoriales de philosophie, dans le cadre des activités des laboratoires LLCP (Université Paris 8) et Sophiapol (Université Université Paris Nanterre), 13-14 juin 2013.

Co-organisation du Séminaire doctorale "Pratique des idées : séminaire de méthodologie de la recherche en philosophie" (année 2012-2013), dans le cadre des activités du Sophiapol, Université Université Paris Nanterre.

Enseignements

Enseignements au Département de Philosophie de l’Université Université Paris Nanterre (depuis septembre 2011) :
- TD L1 Humanités : « Le problème de l’union de l’âme et du corps : approches dualistes et matérialistes » (Histoire de la philosophie moderne)
- TD Licence 1 de Philosophie : « Les choses ont-elles un sens ? » (Philosophie générale)
­- TD Licence 1 de Philosophie : « Humanité, inhumanité » (Philosophie générale)
- Préparation aux oraux de l’Agrégation et du Capes de Philosophie

2010-2011 : Tuteur pour la Licence de Philosophie en Enseignement à distance (dispositif Comete), Université Université Paris Nanterre.

2007-2008 : Tuteur en philosophie pour les étudiants de L3 Philosophie, Université Paris-Sorbonne.

Mis à jour le 23 mars 2017